Spectacles Joliette

Les nouvelles du Centre culturel de Joliette


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Un retour fracassant

16 ans après leur dernier album, Catharsis, Blasting All Rotten Fuckers, groupe mythique de la scène hardcore montréalaise, remonte sur les planches partout dans la province pour rappeler le bon vieux temps aux fans, mais, surtout, pour casser la baraque avec les chansons de leur nouvel album entièrement en français : Brûle, Consume, Torture. Le 7 mars dernier, Joliette y a eu droit…

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Suite à leur séparation en 1999 (après 14 ans d’existence), les membres du groupe se sont réunis quelques fois pour donner divers spectacles, mais cette fois-ci, le retour est coulé dans le béton. Accompagnés de deux « métalleux » québécois bien connus, Dominique Lapointe (basse) et Carlos Araya (batterie), Marc Vaillancourt (voix) et Denis Lepage (guitare) ont tout le sang neuf et l’âme nécessaires pour faire renaître B.A.R.F. de ses cendres.

Comme pour favoriser la communication avec les fans, le concert s’est déroulé dans une ambiance assez particulière, sur la scène de la Salle Rolland-Brunelle, dans une sorte de huis clos très convivial. Une formule à répéter à coup sûr.

Pour sa rentrée joliettaine, B.A.R.F. a choisi local pour s’assurer une bonne première partie. C’est donc le groupe Rust qui s’est occupé de réchauffer la salle : l’entreprise a été un succès. La musique lourde et intense de la formation, de même que ses paroles suivant l’actualité (notamment sur le terrorisme religieux), ont suscité les passions du public, qui commençait progressivement à laisser tomber ses barrières. La prestation de Rust a également renforcé le caractère intime du concert puisque les musiciens semblaient avoir beaucoup d’amis dans la salle. Leur passage électrisant s’est terminé par un grand moment de respect pour les têtes d’affiche de la soirée.

Alors que les spectateurs commentaient encore le passage de Rust, les membres de B.A.R.F. sont montés sur la scène assez discrètement et Denis Lepage a attaqué les premières notes du premier morceau. Cette entrée fracassante a été surprenante, mais a créé tout un effet. Les musiciens avaient tous l’air très captivants de cette manière. Les présentations ont suivi par après, mais sans longueur. Marc Vaillancourt sait séduire un public sans trop de mots et est conscient que sa musique est bien plus efficace à cet effet.

Les chansons, empruntées à différentes époques de leur répertoire, ont trouvé un public docile qui paraissait connaître toutes les paroles. Vaillancourt, pour qui la salle n’était jamais assez survoltée – il a même comparé la soirée à des funérailles pour réveiller les spectateurs – s’est doté d’une vaste chorale en reprenant le concept bien populaire de la chanson à répondre. Ce chant est presque devenu indépendant du chanteur, car les gens présents semblaient avoir chanté ces chansons plusieurs fois sous leur douche. La salle s’est vraiment élevée lorsque le puissant chanteur a entamé une fameuse reprise du groupe montréalais Damnation, Le p’tit poisson, parue en 1992 sur leur premier album complet : Tumulte. Tous ont répondu à la demande de Vaillancourt et ont chanté en cœur.

La soirée n’est pas restée sans surprise, et ce, des deux côtés de la scène. Marc Vaillancourt a présenté une invitée aux spectateurs et leur a offert un duo à glacer le sang. Par contre, lui aussi s’est fait surprendre après son titre Whisky, un morceau à saveur traditionnelle sur leur dernier album, en se voyant offrir une tournée du dit alcool fort pour lui et son groupe.

C’est sur cette même camaraderie que le spectacle s’est terminé, avec un généreux rappel de plus de deux chansons. Dans une montée dramatique parfaite (Denis Lepage malmenait sa guitare comme un possédé), les notes finales ont laissé place à des remerciements sincères. La dernière image visible du passage de B.A.R.F. à Joliette était l’ombre des membres du groupe serrant les mains des fans sur une scène obscurcie.

par Samuel Paré pour le Centre culturel de Joliette