Spectacles Joliette

Les nouvelles du Centre culturel de Joliette


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Messmer – Réalité ou fiction?

Anabelle Dagenais photoIls étaient nombreux à vouloir se rendre sur scène pour témoigner de la véracité des performances spectaculaires de Messmer. Quelque peu sceptique, mais tout de même craintive de me voir transformée en marionnette face à ses suggestions, je n’ai pris aucune chance. Je n’allais tout de même pas le laisser me dicter sa propre volonté pour cet article! Pour garder toutes mes idées claires et demeurer objective, j’ai mandaté quelques complices.

Charles, lui, se voulait carrément sceptique. Selon lui, certains participaient avec excès uniquement pour confirmer la réputation de Messmer. Par exemple, lors d’une «reprise» d’une scène du film Top gun, une volontaire sensée perdre sa jambe à la suite d’une explosion, crie sans conviction et semble oublier son mal à peine quelques secondes plus tard. Il observe aussi que d’autres participants quittent subitement la scène pour regagner leur siège, comme si le charme n’opérait plus.

Mathieu pense pour sa part que tout est arrangé d’avance, qu’on fait appel à des comédiens. Qui, sinon, voudrait embrasser et «aimer» un rat au point de ne plus vouloir s’en départir?

messmer_ete_detailSi mon côté rationnel abondait dans le même sens, je ne pouvais manquer de voir la foule réagir. Et pas qu’un peu! Messmer maniait les fils, la foule observait, estomaquée, bouche ouverte.

Vendue, c’est bien le cas de Noémie. Elle voyait ce spectacle pour la deuxième fois et semblait tout aussi emballée. Bien que les tests de réceptivité n’aient eu aucune incidence sur elle, elle n’en demeurait pas moins fascinée de voir à quel point certains numéros pouvaient avoir un impact majeur sur des participants. Elle relate notamment le cas où certains d’entre eux sont revenus sur scène lors de l’entracte pour «recevoir l’énergie de la boule lumineuse». Ils auraient réagi à la musique utilisée lors d’un précédent numéro. Dans le même ordre d’idée, à la fin du spectacle, deux hommes sont retournés se blottir l’un contre l’autre, amoureusement, sur l’air de Take my breath away.

Maude, qui partageait son engouement, se disait toutefois heureuse de ne pas être réceptive aux tests de réceptivité. Elle serait beaucoup trop honteuse de se mettre à pleurer sur scène comme un bébé de six mois ou d’exécuter une danse tribale préhistorique devant toute une foule et de n’en garder qu’un vague souvenir. Elle en rit, mais refuserait d’être le dindon de la farce.

Je l’avoue, je me rendais au spectacle de Messer pour en avoir le cœur net : départager le vrai du faux. Si je ne sais toujours pas sur quel pied danser, une chose est sûre, qu’on croie ou non au phénomène, le spectacle de Messmer se veut un excellent divertissement garantissant hilarité et étonnement. Qu’en avez-vous pensé?

Rappelons que Messmer sera de retour en 2015, soit le 18 avril, à la Salle Rolland-Brunelle. Les billets sont déjà en vente, mais il faut faire vite! Cliquez ici pour vous procurer des billets.

Rédigé par Anabelle Dagenais pour le Centre culturel de Joliette


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IAN KELLY : authentique et chaleureux par Rosalie Lapalme-Coderre

iankelly_detailC’est une foule fébrile et attentive que le chanteur a trouvé à la salle Rolland-Brunelle jeudi dernier. Dès son arrivée sur scène, les applaudissements soutenus et les chuchotements enjoués des membres du public rendent manifeste qu’il s’adresse à une salle déjà conquise. Le sourire aux lèvres, il nous lance quelques mots pour présenter le jeune homme à l’allure elfique qui se tient, un rien timide derrière son clavier. Elliot Maginot nous souhaite le bonsoir, dépose ses doigts sur les touches et… rien. «As-tu du son?», lance-t-il au technicien. Des rires attendris fusent dans la salle. «Inquiétez-vous pas pour moi, ça m’arrive systématiquement.» En effet, nous comprenons bien vite que nous n’avions pas besoin de nous inquiéter pour lui et que Ian avait raison, on va l’aimer, Elliot. Sa musique est douce et sa voix, en écho, repose sur les accords du clavier dans une harmonie parfaite. Les éclairages l’enveloppent de leurs couleurs et il se tient, parfaitement dans son élément, au centre de la scène.  En alternance, il s’accompagne au clavier ou à la guitare et son travis picking en fait fondre plusieurs qui, à l’entracte se précipiteront pour acheter le EP du jeune homme. Après une demi-heure magique, la salle s’est tranquillement réchauffée et est fin prête pour l’arrivée de Ian.

Accompagné de trois musiciens chevronnés, Ian s’élance pour une première chanson tirée de son dernier opus All these lines. Sa voix unique résonne, chaude et profonde. Le clavier, les guitares, la batterie; les mélodies et les rythmes se mélangent dans un équilibre parfait. Le son est excellent; les percussions pas trop fortes, les claviers juste assez présents. La voix de Ian va au-delà de la scène, semblant nous traverser. L’équilibre de l’ensemble du spectacle est tout aussi excellent : Ian alterne les airs doux et les mélodies dansantes, gardant son public inéluctablement captif. Parfois, on ne peut s’empêcher de danser sur nos chaises. À d’autres moments, nos yeux se ferment pour mieux savourer le moment.  Par ses airs simples et pourtant accrocheurs, Ian Kelly a le don de créer une musique profondément humaine. Certaines performances instrumentales n’en demeurent pas moins impressionnantes. Notons entre autres un duo de clavier particulièrement réussi et de très belles harmonies vocales.

photo 2Il serait sacrilège de ne pas souligner l’aspect visuel époustouflant du spectacle. En effet, des projections  magnifiques inspirées de la pochette du nouvel album de l’artiste étaient à l’honneur en arrière-plan, variant selon les chansons : des images de villes lumineuses, des ponts, des arbres, des planches, des chantiers en constructions, la pénombre. De même, les éclairages rendent magnifiquement les chansons, très intimistes lorsque le chanteur entame seul un air et plus éclatés alors que les airs se font plus entraînants.

À la hauteur de l’artiste, les présentations sont, tantôt touchantes, tantôt mobilisatrices, tantôt humoristiques.  Quand Ian Kelly nous parle d’amitiés, de la douceur des petits instants, de politique, de l’importance d’environnement, c’est toujours simplement, comme il s’adresserait à des amis. Chaque membre du public peut avoir le sentiment d’assister à un grand évènement unificateur. Bien évidemment, malgré les grandes valeurs véhiculées dans les présentations, on peut difficilement, à Joliette, se sauver d’un commentaire sur notre fameuse salle bleue. Si Ian Kelly nous dit ne pouvoir s’empêcher de remarquer notre «vieux plafond», il se rattrape immédiatement en ajoutant qu’il s’agit d’un «beau vieux». Étrangement, je pense pouvoir affirmer que ce commentaire pourrait bien être retourné au chanteur lui-même. Écouter Ian Kelly une première fois, c’est une surprise incroyable, car c’est écouter des airs que notre cœur reconnaît déjà, mais c’est aussi, à la fois, recevoir une massive dose d’énergie et avoir le sentiment que le folk a été réinventé.

Rédigé par Rosalie Lapalme-Coderre pour le Centre culturel de Joliette


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L’univers magique de Daniel Coutu (Rédigé par Anabelle Dagenais)

Anabelle Dagenais photoC’était une marmaille fourmillante de 4 à 11 ans accompagnée de ses parents qui prit place à la salle Rolland-Brunelle dimanche dernier. La jeune assistance toute colorée gambadait dans les allées et les petites voix s’empilaient les unes sur les autres dans un brouhaha qui trahissait une grande hâte. «Maman, ça va commencer!», disait un petit garçon surexcité en sautant sur son siège, quelques rangées devant moi.

Alors que tous comDaniel Coutu the Magician - Live Event Pt. 3mencent à ressentir fébrilement le début du spectacle, la voix de Daniel Coutu se fait entendre : «Les amis, est-ce que vous aimez la sciiiieeeennnnnce et la maggiiiiiiiiiieeeeee?» aussitôt enterrée par une ruée de «ouiiiii!!!!!».

Comme s’il avait réussi à hypnotiser l’assistance, tous les yeux étaient rivés sur lui et n’en ont pas dérogé pendant l’heure complète que durait le spectacle. La raison? Coutu vient chercher l’attention du public avec une interaction complète alliant la musique, l’humour, le théâtre, la technologie et l’implication du public. De la magie diversifiée, quoi!

MUSIQUE  – Très rythmée, elle teintait le climat, le rendant plus que propice au divertissement. Avec des chansons éclatées aux paroles simples à saisir, on nous invite à participer à l’ambiance musicale en tapant des mains tout en chantant.

HUMOUR – Daniel Coutu arrive à satisfaire le public en entier. En effet, l’animation du magicien, truffée de clins d’œil humoristiques à l’attention des parents (Denis Coderre, CELI-REER-Bourse, etc.) et de mimiques absurdes pour faire rigoler les plus jeunes, était diversifiée et a su plaire à chacun.

La simple vue d’un parent qui riait suffisait aux enfants pour rire à leur tour, malgré leur incompréhension des blagues d’«adultes».

THÉÂTRE – En plus de son animation, Daniel Coutu a revêtu un costume de chef cuisinier afin d’interpréter son personnage de Ricardo. Oui, oui, le chef Ricardo!

TECHNOLOGIE – Afin d’impressionner encore plus son public lors des numéros de magie, Daniel Coutu inclut une caméra fixe sur scène pour voir de près les tours. Il présente aussi les différentes étapes d’une démarche scientifique et ce qu’elles impliquent. Si seulement les cours de sciences étaient aussi distrayants!

IMPLICATION DU PUBLIC – Coutu invite des petits ainsi que des adultes à venir le rejoindre sur scène pour faire partie des numéros. J’ai particulièrement apprécié le fait qu’il se rappelle des noms de tous ceux qui ont participé, même à la fin du spectacle. J’y vois là un grand souci du public, une préoccupation qui saura le distinguer tout au long de sa carrière.

Tel un Luc Langevin pour les jeunes, Daniel Coutu a laissé son public bouche-bée d’incompréhension, avec de vrais trucs de pro entourés d’une animation principalement pour les enfants, sans pour autant oublier les parents. Quelle formidable expérience que d’aller le voir en spectacle en famille pour capter dans le visage des enfants l’émerveillement, semblable à celui qu’apporte le père Noël au temps des Fêtes.

@Image trouvée sur Google

Rédigé par Anabelle Dagenais pour le Centre culturel de Joliette


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Autre tour de maître signé Tremblay, par Anabelle Dagenais

Anabelle Dagenais photoLa Salle Rolland-Brunelle est bondée. Déjà, on peut sentir l’effervescence nous gagner. L’union Michel Tremblay, René Richard Cyr et Daniel Bélanger est gage de succès et ça, le public le sait. Je m’assoie et j’attends. Avant même que la pièce débute, les comédiens se présentent sur la scène et discutent entre eux. Ce choix de mise en scène est plutôt inhabituel, mais fort intéressant. Ainsi, le public arrive à saisir le pouls de l’univers de la Main, la façon de bouger des personnages, leurs costumes, etc.

Le décor est simple, mais ô combien efficace. Une immense plaque ornée de centaines de lumières couvre tout l’arrière-plan de la scène. Ce dispositif, substitut ingénieux des classiques «spots» bleus et jaunes, apporte un éclairage à l’image de ceux que l’on retrouvait en grande ville pour annoncer des spectacles.

Avant même que quiconque ait pris parole, on nous fait croire à la Main d’antan. On y plonge avec délectation. Puis, le spectacle commence.

Le Chant de Sainte-Carmen de la Main est une autre pièce de Michel Tremblay qui n’est pas sans rappeler les Belles-sœurs, entre autres de par sa forme musicale. Fidèle à ses habitudes, l’auteur s’entoure de plusieurs personnes avec qui il a déjà travaillé précédemment et conserve le niveau de langue populaire qui a fait sa renommée. Ses thèmes récurrents, qui lui ont déjà valu des critiques négatives, sont quant à moi sa grande force. Les situations mises en scène demeurent d’actualité, même si l’histoire de Carmen ne se déroule pas en 2014. Pièce après pièce, Tremblay arrive, de manière incroyable, à nous proposer une histoire toute nouvelle en conservant ses sujets de prédilection (la place des femmes, la pauvreté, etc.). Ces problématiques ne sévissent-elles pas encore de nos jours?

L’histoire nous fait passer par une gamme d’émotions, gage irréfutable de la plume prodigieuse de Michel Tremblay et du dévouement soutenu de l’équipe du Chant de Sainte-Carmen de la Main.

Le Soleil, c’est Carmen. Elle est tel un vent d’espoir qui souffle sur la Main dont le quotidien se résume au bar et à la rue. Malgré l’engouement qu’il suscite auprès des spectateurs du Rodéo, le «Soleil» ne fait pas long feu. Pour avoir tenté de libérer son quartier, on fait taire Carmen à jamais. Maud Guérin (Carmen), Normand D’Amour (Maurice), France Castel (Gloria), Benoît McGinnis (Tooth Pick) : quelques-unes des têtes d’affiche qui ont fait leurs preuves à maintes reprises et qui nous délectent de leur savoir-faire théâtral. Le jeu des comédiens est impeccable, irréprochable. Mention toute spéciale à Bec-de-lièvre qui, en plus d’avoir un incroyable contrôle du personnage, a su me faire sourire et même rire plus d’une fois.  En somme, j’ai assisté à une prestation calculée, qui évite le «surjoué». On aurait dit la réalité devant mes yeux. Une production dans laquelle la distribution doit être fière de jouer.

Le Chant de Sainte-Carmen de la Main, c’est le parfait équilibre entre la chanson et le théâtre. C’est une pièce de théâtre musicale, ni trop longue, ni trop courte, qui nous tient en haleine du début à la fin.

Le «standing ovation» du public à la fin de la présentation m’amène à penser que je ne suis pas la seule à avoir autant apprécié le spectacle. Quelle joie de commencer mon mandat avec un spectacle de si grande qualité!

Rédigé par Anabelle Dagenais pour le Centre culturel de Joliette