Spectacles Joliette

Les nouvelles du Centre culturel de Joliette


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Jeremy Demay : énergie, plaisir et bonne humeur!

Énergie, plaisir et bonne humeur sont quatre mots qui caractérisent à merveille l’humoriste d’origine française Jérémy Demay. Celui-ci performait jeudi passé à la Salle Roland-Brunelle de Joliette. Dès le début de la représentation, les jeux de lumières et la musique donnent le ton. Une énergie digne des plus grandes stars du Rock envahit la salle et motive la foule à faire du bruit. Demay arrive sur scène tout sourire, déjà entrain de s’approprier le public. Il discute allègrement avec celui-ci, faisant connaissance avec plusieurs individus. Ce climat de confiance et de proximité donne une force supérieure à Jérémy Demay, capable de toucher individuellement chaque personne venue voir son spectacle. L’humoriste alignait calembours sur la relation Québec/France, sur les femmes et leurs habitudes, toujours avec sincérité et un plaisir contagieux. Le grand bonhomme s’amuse comme un fou. Rare sont les humoristes du vieux pays qui réussissent à percer aussi bien dans la Belle Province. L’humoriste sort des sentiers battus avec un style percutant, une énergie débordante et une honnêteté magnifique, autant par son propos que par le bonheur qu’il dégage. Il nous amène à l’entracte dans une tempête de blagues entourant la musique, guitare en main. Il revient tout aussi énergique quelques minutes plus tard, parcourant la foule pour s’amuser avec plusieurs personnes. Il offre même du vin à ceux qui ont la chance (ou la malchance) d’attirer son attention! Sans retenue et véritablement choyé par ce qui lui arrive, Jérémy Demay laisse sa trace partout où il passe, répandant les sourires et la bonne humeur. Du plaisir assuré!

par Cédric Joly pour le Centre culturel de Joliette


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BRIGITTE, SIX MUSICIENS ET UN TROUBADOUR…

Je l’avoue d’entrée de jeu, Brigitte Boisjoli ne figure pas sur la liste de mes chanteuses favorites. J’éprouve de la difficulté à apprécier son timbre de voix, sa prononciation et son langage parfois puéril. Je tiens toutefois à préciser que je ne cherche nullement à déprécier tant la chanteuse que ses nombreux fans, et que ce texte n’engage que moi.

Ceci étant dit, celle qui est présentement en nomination pour le titre d’«interprète féminine de l’année» à l’adisq a tout mis en œuvre pour faire de son spectacle Sans regret un événement grandiose. Six musiciens-choristes de grand talent l’accompagnent et un soin minutieux a été apporté aux jeux d’éclairage variés et parfaitement peaufinés. J’ai été ravie de voir entrer sur scène une jeune femme maintenant beaucoup plus féminine, moderne et assurée.

Dès ses premières interactions avec le public, j’ai ressenti son réel plaisir à se retrouver sur scène. Elle y est à l’aise comme un poisson dans l’eau, elle est sympathique, naturelle et drôle. Tous les éléments semblent donc réunis pour passer un vrai bon moment. Ce soir-là, ce sont d’abord ses nouvelles chansons, tirées de son deuxième album, que la dynamique chanteuse choisit de nous interpréter. Je ne connais pas ce nouveau répertoire et, comme je n’entends pas bien les paroles, je me lasse rapidement. À partir du troisième extrait, j’ai l’impression de revoir toujours le même numéro. Elle y met pourtant tout son cœur. Elle occupe toute la scène, elle danse bien et, malgré l’effort physique, sa voix demeure juste et puissante. Mais la performance des musiciens et les effets de lumière me captivent davantage et retiennent vite toute mon attention. Toujours selon moi, la notoriété actuelle de la chanteuse, malgré toute la passion et l’énergie investies, ne justifie pas encore un déploiement scénique d’une telle envergure.

Heureusement, des pièces plus solides viennent graduellement se greffer aux premières. Ainsi, j’ai beaucoup apprécié l’interprétation pleine d’intensité qu’elle a livrée de quelques succès de la chanteuse country Patsy Cline, dont Crazy. Elle exécute également avec brio des pièces comme Jolene de Dolly Parten ou Addicted to you de Avicii. Puis, moment fort de la soirée, Brigitte Boisjoli nous livre une petite part de son intimité en interprétant la ballade La Ballerine, magnifique cadeau de l’auteure-compositrice-interprète Ingrid St-Pierre. Il va sans dire que l’auditoire est ravi dès qu’il reconnaît les premières notes de ses succès Sans regret, Mes jambes à ton cou dont transparaît le style original d’Alex Nevsky et, en rappel, Fruits défendus, tiré de son premier album.

MATHIEU LIPPÉ (en première partie)

Je décerne sans conteste mon coup de cœur de la soirée à Mathieu Lippé qui assure la première partie du spectacle de Brigitte Boisjoli. Ce dernier a d’ailleurs étroitement collaboré au deuxième album de la chanteuse. Jusqu’au moment de monter sur scène, bien que déjà récipiendaire de nombreux prix, il demeure pour moi un illustre inconnu. Mais ô surprise! J’aime beaucoup découvrir des artistes qui évoluent en dehors des sentiers battus et Mathieu Lippé est assurément du nombre. Le présenter comme auteur-compositeur-interprète revient à limiter le large éventail de ses talents. Comme spectateurs, nous avons plutôt eu rendez-vous ce soir-là avec un performeur éclectique qui a su nous charmer et retenir notre attention jusqu’à la toute fin de sa prestation.

D’emblée, il établit le contact avec l’auditoire avec une gaieté simple, communicative et une touche d’humour et le public, conquis, prêt pour la découverte, accepte de le suivre dans son périple.

Il me rappelle parfois Fred Pellerin, un des meilleurs conteurs du Québec, parfois Sol, le clown clochard de Marc Favreau. Ils ont en commun une aisance à raconter et des textes à la fois naïfs, humoristiques et poétiques. La poésie de Mathieu Lippé, est urbaine et empreinte d’humanisme. Elle parle de la vie et de la mort, du temps qui passe, du chemin qui nous mène à l’autre, et d’unité dans la diversité. Elle se veut le fil qui relie chacun de ses textes tantôt chantés, tantôt contés ou «slamés». Un mariage plus qu’heureux!

Hélène Ferland pour le Centre culturel de Joliette


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Plus gros que nature avec P-A Méthot

C’est devant une salle comble et réceptive que P-A Méthot présentait son tout premier one-man show, Plus gros que nature, jeudi soir à la Salle Rolland-Brunelle. Ne connaissant pas ou à peu près pas le bonhomme (je l’avais déjà vu à En route vers mon premier gala sur les ondes de feu Canal Vox), je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait.

Dès les premières secondes du spectacle, la présence et l’énergie de Méthot ont déjà pris le public d’assaut, réagissant à ses moindres mots par des rictus systématiques. P-A déballait à merveille de multiples calembours entourant son coin de pays, la Gaspésie. Celui-ci nous décrivait ses habitudes de vie, ses opinions et pensées avec une simplicité déconcertante, mais jamais superflue. L’humour de l’humoriste se traduit par un sens du timing remarquable, un franc-parler redoutable qui rejoint le public et des thèmes universels comme les femmes, les anecdotes de boisson, la famille, etc. Mention spéciale à la grivoiserie dont faisait preuve le personnage. Méthot le rappelait en répétant : « Si vous pensez ressortir plus intelligent d’icitte, vous n’êtes pas à la bonne place! »

La foule était comblée, moi aussi. Par ses textes définitivement bien écrits et l’énergie continuelle qu’il dégage, P-A Méthot nous faisait passer par toute la gamme des émotions et venait nous chercher dans notre plus séculière intimité avec ses histoires déjantées et sa capacité à nous faire s’y identifier. Après une bonne heure de rires bruyants et coupables, l’humoriste a annoncé l’entracte.

Il reprendra de plus belle alors armé d’une guitare électrique, témoignant ainsi son amour profond pour la musique. Méthot a interprété de façon écourtée plusieurs grands classiques incluant Another Brick In The Wall de Pink Floyd. De la même façon qu’au tout début, l’humoriste enchaînait magistralement l’anecdote et l’analyse humaine. Celui-ci ne pouvait s’empêcher d’accumuler les parenthèses, véritable point fort de son humour. Chacune de ses interventions ravissaient le public et ajoutaient une autre dimension à sa performance. L’humoriste a conclue avec le moment émouvant de la soirée où il remémore son père, récemment décédé. Avec franchise et amour, il a rendu hommage à un homme qui, pour lui, était « plus gros que nature ».

Cédric Joly pour le Centre culturel de Joliette