Spectacles Joliette

Les nouvelles du Centre culturel de Joliette


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Mario Jean est «spécial»… mais dans le bon sens

Moi_Mario_800px«48, presque 60»

Le temps passe à une vitesse folle, déclarait celui qui s’arrêtait à Joliette pour une période qui, comme pour prouver ses dires, a semblé filer entre mes doigts.

Pour Mario Jean, l’heure est à l’autoréflexion, d’où le nom de sa nouvelle tournée depuis printemps 2014, Moi Mario. Au tournant de sa prétendue «soixantaine» et abonné aux thérapies, l’humoriste chéri du show-biz québécois nous fait part de ses observations existentielles, lesquelles la majorité de l’assistance approuve d’un rire franc.

Aucun Ti-Guy Beaudoin dans le coin, Mario Jean se retrouve seul avec lui-même avec la tâche ardue de nous faire passer une soirée formidable. Mission qu’il réussit avec brio.

Et pourtant…a priori, tout était en place pour me faire passer un mauvais quart d’heure (plutôt 2 heures).

J’explique.

Les femmes, particulièrement la sienne (dont les pattes d’oie sont devenues d’écrasantes pattes d’autruche sur son visage le matin), demeurent des cibles faciles de son humour quelque peu macho.

Mais pas seulement elles.

Les jeunes (en particulier les cégépiens) en bavent aussi, victimes sur lesquelles il jette un regard pessimiste. À l’apogée du «pognage de beigne», il compare les adolescents et les cégépiens à des zombies tapissant les sous-sols du Québec.

Mais pas seulement eux.

Les Lanaudois ont également eu une part du gâteau, surtout ceux de Saint-Charles-Borromée. Une craque n’en attendait pas une autre pour narguer les gens de la région, soit l’auditoire devant lui.

Pour la jeune femme qui était encore récemment étudiante au Cégep dans la région que je suis, tous les ingrédients étaient réunis et me visaient directement.

Et pourtant, il est pratiquement impossible de résister à la caricature volontaire que nous joue Mario Jean d’un homme peu ouvert d’esprit de la fin quarantaine.  Avec son sens de la répartie très aiguisé et son approche simple et efficace, il n’a pas fini de nous charmer.

Ce qu’il affectionne par-dessus tout, c’est la scène, nous déclare-t-il à la fin.

Et ça, à le voir aller, on y croit de tout cœur.

Anabelle Dagenais pour le Centre culturel de Joliette

Mario Jean sera en supplémentaire le 23 janvier 2015. Informations à la billetterie ou au spectaclesjoliette.com 

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PATRICE MICHAUD, une découverte à faire à tout prix!

PatriceMichaud_nouvelle©Anthony JourdainAvant la soirée de jeudi passé, Joliette ne pouvait que se douter à quel point Patrice Michaud sait mettre feu aux planches. Dans la salle, le public s’installe, délicieusement hétéroclite: des couples aux groupes d’amies en pensant par des parents et leurs enfants. Évidemment, on retrouve quelques fans avérés qu’on reconnaît à leurs cris enthousiastes récompensant l’arrivée du chanteur, mais encore plus nombreux sont ceux qui sont là pour la découverte. Ceux-ci n’auront toutefois pas l’occasion de regretter leur choix.

Accueilli par un tonnerre d’applaudissements, Michaud lance un chaleureux et dynamique «Bonsoir, belles gens de Joliette!», donnant par le fait même le ton à la soirée. C’est toujours avec simplicité, humour et charme qu’il prendra la parole. Il entame d’ailleurs le spectacle en annonçant avoir fait un effort spécial pour fitter avec la salle (portant une chemise du même bleu flamboyant). Son groupe entame alors une première chanson. C’est alors qu’on peut officiellement déclarer que le folk-rock de Michaud sait faire vibrer les foules. Les textes sont splendides, le talent des musiciens est indéniable et les mélodies sont plus qu’accrocheuses. D’autant plus, que le groupe a un indiscutable charisme. À la fois charmants, simples et rockers, les cinq artistes ont l’air de gentilshommes avec le soupçon de dissidence qu’il faut pour séduire. Ils ont de la classe et du mordant.

Cette attitude se reflète bien évidemment dans leurs chansons. Malgré le grand talent instrumental et la beauté des textes, c’est la simplicité qui domine dans l’oeuvre et qui confère au spectacle ce caractère aussi chaleureux. La complicité entre les musiciens est également indéniable. On voit que la scène est pour eux bien plus qu’un métier, mais une passion, sincère et profonde. Les musiciens ont le sens de la fête et ça paraît! La guitare et la basse électrique contribuent à cette ambiance festive, ajoutant ce qu’il faut de rock pour faire danser une foule. Nous aurons d’ailleurs droit à un amusant pastiche de Retour dans le futur en fin de première partie, le tout assaisonné d’accessoires «d’époque» et d’une danse digne du plus puissant des rock ‘n roll.

Il serait sacrilège dans une telle critique de ne pas souligner l’excellent travail que Michaud fait comme chanteur. Sa voix chaude, profonde et son accent (aucunement déguisé) ajoutent à la sincérité de l’oeuvre et permettent de toucher tous et chacun, prouvant que l’universel se trouve bien plus souvent dans les musiques très personnelles et la poésie de l’intimité que dans les chansons généralistes. La lumière sobre qui baigne le groupe de couleurs légères permet de souligner la beauté simple du spectacle.

Autre point rendant indiscutable la qualité du «Feu de chaque jour» est l’animation. Bien loin de se contenter de blagues faciles et de brève présentations des chansons, Michaud fait étalage d’incroyables capacités de conteur. Qu’il nous raconte sa découverte de la sexualité avec le développement de techniques pour regarder «Bleu nuit» ou le moment très touchant où il a appris qu’il allait être papa, il assaisonne toujours ses histoires d’un humour fin et bon-enfant. Il verse même dans l’imaginaire en nous racontant comment il a surpris les mannequins de «chez Monette» en train de discuter. Du conteur, il a vraiment tout: le charisme, le ton et la capacité à faire rire ou à émouvoir. Cependant, cela n’enlève rien à la poésie de son oeuvre musicale, à la beauté des harmonies vocales qui la jonchent et aux capacités instrumentales remarquables du groupe.

Quand Michaud quitte la scène, les applaudissements tonnent. C’est de bon coeur que le public appelle le groupe et on peut se permettre de penser que le coup de foudre est mutuel. Il rembarque sur scène, en courant, la main sur le coeur et les yeux un brin mouillé.

«Quand t’es un artiste établi, que ton public te suit tout l’temps, tu prends ton temps, tu te grouilles pas, mais quand y’a une partie d’la salle qui commence à te connaître et qu’ils en redemandent, là tu sais que quelque chose se passe et tu peux pas t’empêcher de te dépêcher.», lance-t-il.

En espérant que Michaud se dépêche aussi de revenir à Joliette, puisque cet artiste est véritablement une découverte à faire à tout prix.

 Rosalie Lapalme-Coderre pour le Centre culturel de Joliette