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SoMos de Juan Sebastián Larobina : métissage réjouissant

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En spectacle le 2 mai dernier

Juan Sebastian Larobina, en spectacle le 2 mai dernier dans le foyer de la Salle Rolland-Brunelle

Au moment où j’entre dans le foyer de la salle Rolland-Brunelle, l’éclairage est tamisé, les spots laissant flotter dans le brouillard scénique une douce lumière ensoleillée. Rassemblés aux petites tables, les spectateurs discutent, rigolent, prennent un verre. Malgré le printemps qui tarde à s’établir dehors, l’ambiance est si chaleureuse qu’on pourrait presque la qualifier d’estivale. C’est d’ailleurs comme un morceau de soleil que Gilles Pitre présentera, avec raison, le chanteur et son groupe.

Quand Juan Sebastián et ses acolytes entament le premier air, on reconnaît bien évidemment des rythmes et des sonorités «typiquement latines». La voix chaude de Juan Sebastián, l’accompagnement festif et la complicité entre les musiciens illuminent véritablement la salle. On se croirait en plein festival! Cependant, ce qui fait la grande qualité de la représentation n’est pas l’incroyable qualité de la musique latine (bien qu’elle soit tout de même à noter), mais plutôt la facilité fantastique avec laquelle SoMos réussit un métissage tant des styles que des cultures.

Le chanteur se présente d’ailleurs lui-même comme un pâté chinois : steak pour l’Argentine, blé d’inde pour l’ensoleillé du Mexique et patates pour la neige québécoise. Ces influences (et bien d’autres encore) sont toutes vivantes dans sa musique. On aurait beau vouloir cataloguer Juan comme un musicien «latino», on ferait fausse route tant sa musique est multiculturelle. Et s’il fait dans le multiculturalisme, il n’y va pas avec une simple reprise de sonorités universelles, bien loin de là. Il s’approprie le folklore de chaque nation, le mettant à sa sauce. Ainsi, on aura droit à un merveilleux voyage entre les bayous louisianais avec une chanson d’inspiration cajun, les tribus africaines avec une pièce  percussives et un retour au pays de l’hiver avec une reprise de la Bolduc (Ça va venir devenant, qui, adaptée au goût du jour devient «Cunsumir» soit «Consommer»), de même qu’un petit tour par chez-nous avec de la podorythmie et des «Swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois». Cette réappropriation de folklore multiple ne peut que démontrer à quel point ce spectacle a sa place dans la série «mémoires et racines».

Encore plus impressionnant que la réussite du mélange des influences internationales, SoMos est un sublime amalgame de plusieurs genres musicaux. Néo-trad., jazz, salsa, swing, musique tzigane, Juan Sebastián emprunte à tous les genres, multipliant les emplois des instruments. Sa guitare acoustique se fait percussion, accompagnement, mélodie. Il alterne le finger-picking,  le flat-picking, utilise les cordes harmoniques avec un entrain et une facilité étonnante. À jardin, Jean-François Dumas, surnommé «El Pulpo», (la pieuvre), assure la podorythmie, l’harmonica, les percussions et les réponses des chansons à répondre. Bref, il est, d’une façon typiquement québécoise, le rythme du spectacle. À cours, le grand guitariste électrique Yves Desrosiers, personnage surprenant au talent incroyable apporte la contemporanéité au groupe. Finalement, Cedric-Dind Lavoie, contrebassiste à l’attitude élégante du jazzman, complète le quatuor, point de rencontre entre le rythme et la mélodie. Ajoutez à cette variété déjà impressionnante des harmonies de voix sublimes, des percussions endiablés où tous s’y mettent et des solos nous permettant d’apprécier à sa juste valeur chaque instrument et vous aurez une brève idée de ce à quoi pouvait ressembler le spectacle de vendredi dernier.

Juan Sebastián, animateur formidable à l’accent chantant et unique,  réussit, sans peine, à faire participer la foule. Tous tapent des mains et lancent des exclamations réjouies. Personne n’ose danser, mais on voit bien que c’est la gêne plus que le manque d’envie qui bloque la foule, car nombreux sont ceux qui se tortillent sur leurs chaises. Proche du public, l’artiste parsème de sa voix chaude son spectacle d’un humour chaleureux et bon enfant. Il lance d’ailleurs en boutade que la prochaine fois qu’il remettra les pieds à Rolland-Brunelle, il viendra plutôt pour un «one-man-show» parce que ça remplit les salles comme celle-là et les poches». À la sortie, il serre les mains des spectateurs. On reconnaît, aux sourires de ceux-ci, que le spectacle a bien rempli sa promesse d’ensoleiller… notre soirée.

Rédigé par Rosalie Lapalme-Coderre pour le Centre culturel de Joliette

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