Spectacles Joliette

Les nouvelles du Centre culturel de Joliette

Autre tour de maître signé Tremblay, par Anabelle Dagenais

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Anabelle Dagenais photoLa Salle Rolland-Brunelle est bondée. Déjà, on peut sentir l’effervescence nous gagner. L’union Michel Tremblay, René Richard Cyr et Daniel Bélanger est gage de succès et ça, le public le sait. Je m’assoie et j’attends. Avant même que la pièce débute, les comédiens se présentent sur la scène et discutent entre eux. Ce choix de mise en scène est plutôt inhabituel, mais fort intéressant. Ainsi, le public arrive à saisir le pouls de l’univers de la Main, la façon de bouger des personnages, leurs costumes, etc.

Le décor est simple, mais ô combien efficace. Une immense plaque ornée de centaines de lumières couvre tout l’arrière-plan de la scène. Ce dispositif, substitut ingénieux des classiques «spots» bleus et jaunes, apporte un éclairage à l’image de ceux que l’on retrouvait en grande ville pour annoncer des spectacles.

Avant même que quiconque ait pris parole, on nous fait croire à la Main d’antan. On y plonge avec délectation. Puis, le spectacle commence.

Le Chant de Sainte-Carmen de la Main est une autre pièce de Michel Tremblay qui n’est pas sans rappeler les Belles-sœurs, entre autres de par sa forme musicale. Fidèle à ses habitudes, l’auteur s’entoure de plusieurs personnes avec qui il a déjà travaillé précédemment et conserve le niveau de langue populaire qui a fait sa renommée. Ses thèmes récurrents, qui lui ont déjà valu des critiques négatives, sont quant à moi sa grande force. Les situations mises en scène demeurent d’actualité, même si l’histoire de Carmen ne se déroule pas en 2014. Pièce après pièce, Tremblay arrive, de manière incroyable, à nous proposer une histoire toute nouvelle en conservant ses sujets de prédilection (la place des femmes, la pauvreté, etc.). Ces problématiques ne sévissent-elles pas encore de nos jours?

L’histoire nous fait passer par une gamme d’émotions, gage irréfutable de la plume prodigieuse de Michel Tremblay et du dévouement soutenu de l’équipe du Chant de Sainte-Carmen de la Main.

Le Soleil, c’est Carmen. Elle est tel un vent d’espoir qui souffle sur la Main dont le quotidien se résume au bar et à la rue. Malgré l’engouement qu’il suscite auprès des spectateurs du Rodéo, le «Soleil» ne fait pas long feu. Pour avoir tenté de libérer son quartier, on fait taire Carmen à jamais. Maud Guérin (Carmen), Normand D’Amour (Maurice), France Castel (Gloria), Benoît McGinnis (Tooth Pick) : quelques-unes des têtes d’affiche qui ont fait leurs preuves à maintes reprises et qui nous délectent de leur savoir-faire théâtral. Le jeu des comédiens est impeccable, irréprochable. Mention toute spéciale à Bec-de-lièvre qui, en plus d’avoir un incroyable contrôle du personnage, a su me faire sourire et même rire plus d’une fois.  En somme, j’ai assisté à une prestation calculée, qui évite le «surjoué». On aurait dit la réalité devant mes yeux. Une production dans laquelle la distribution doit être fière de jouer.

Le Chant de Sainte-Carmen de la Main, c’est le parfait équilibre entre la chanson et le théâtre. C’est une pièce de théâtre musicale, ni trop longue, ni trop courte, qui nous tient en haleine du début à la fin.

Le «standing ovation» du public à la fin de la présentation m’amène à penser que je ne suis pas la seule à avoir autant apprécié le spectacle. Quelle joie de commencer mon mandat avec un spectacle de si grande qualité!

Rédigé par Anabelle Dagenais pour le Centre culturel de Joliette

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